Les pompes à chaleur transforment l’énergie gratuite stockée dans le sol, l’eau ou l’air en chaleur pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire de nos bâtiments. Elles représentent l’application la plus efficace de l’énergie renouvelable aussi bien dans les nouvelles constructions que dans la rénovation de grands et petits projets. Il est donc quelque peu surprenant que la part de marché soit encore assez modeste. L’année dernière, les ventes ont augmenté de plus de 20 % et, pour la première fois, plus de 78,000 unités de pompes à chaleur air-air, air-eau, eau-eau, sol-eau et de chauffe-eau thermodynamiques ont été vendues.

Si vous considérez que plus de 200,000 chaudières au gaz et au mazout sont encore vendues chaque année dans notre pays, il est clair que la croissance du marché des pompes à chaleur ne correspond pas du tout au potentiel de cette technologie en termes d’énergies renouvelables et de réduction des émissions de CO2. Outre le transport, le chauffage de nos bâtiments est la principale source de ces émissions. Si la Belgique veut atteindre ses objectifs climatiques, elle doit encore faire un énorme effort. Si, d’ici 2030, nous remplaçons les plus de 2,000,000 de chaudières obsolètes exclusivement par des pompes à chaleur, les émissions de CO2 seraient réduites à un point tel que nous serions en mesure de répondre aux exigences européennes dans ce domaine sans la moindre difficulté. Il faudrait alors installer 200,000 pompes à chaleur par an !

Les pompes à chaleur sont possibles dans tous les bâtiments

Dans les maisons neuves, bien isolées, avec chauffage par le sol ou radiateurs à basse température, les systèmes de pompe à chaleur sont déjà très populaires. En plus des pompes à chaleur standard, les pompes à chaleur hybrides peuvent également être utilisées pour le chauffage et les chauffe-eau thermodynamiques pour l’eau chaude sanitaire.

Les pompes à chaleur sont également le choix le plus judicieux pour les nouveaux immeubles d’appartements. Une grosse pompe peut faire fonctionner tout un immeuble d’appartements ou même tout un quartier.

Dans les milliers d’immeubles d’appartements existants dans nos villes et sur la côte, la loi sur la copropriété constitue encore un peu un obstacle. Le gouvernement devrait intervenir pour soutenir les propriétaires qui souhaitent installer une pompe à chaleur.

Pour des projets encore plus importants, les pompes à chaleur peuvent être combinées avec des réseaux de chaleur et de froid collectifs à basse température, des pompes à chaleur avec booster ou des pompes à chaleur combinées peuvent être utilisées. Les possibilités sont bien plus nombreuses qu’on ne le pense généralement.

La différence de prix entre le gaz et l’électricité est trop importante

Les pompes à chaleur peuvent réduire la consommation de mazout et de gaz naturel à zéro, mais elles ont besoin d’électricité pour faire fonctionner l’installation. Et c’est là que le grand problème se situe dans notre pays : l’écart de prix avec les combustibles fossiles est trop important. Cet écart doit être réduit, voire éliminé, afin d’accélérer le passage aux pompes à chaleur.

C’était encore très récemment dans l’actualité : nulle part ailleurs en Europe - sauf en Allemagne et au Danemark - l’électricité ne coûte aussi cher qu’en Belgique, en Flandre encore plus qu’en Wallonie et à Bruxelles. En fait, la facture d’électricité des ménages flamands a augmenté 17 fois plus que dans les pays voisins. Cependant, l’électricité en elle-même n’est pas devenue beaucoup plus chère, mais elle ne représente qu’à peine un quart de la facture d’électricité. Les trois quarts restants sont constitués d’autres composants, comme la TVA, qui est passée de 6 à 21 %, toutes sortes de prélèvements pour financer la montagne de dettes des certificats verts, et les coûts des réseaux électriques. Ces tarifs de réseau - que nous payons pour les câbles qui acheminent l’électricité vers nos foyers - sont les plus chers de toute l’Europe et ont augmenté de près de 50 % au cours des trois dernières années.

Un transfert des charges (taxes) de l’électricité vers les combustibles fossiles est nécessaire pour accroître sensiblement la part de marché des pompes à chaleur. Les ventes augmenteront en ramenant l’écart entre le prix de l’électricité et celui des combustibles fossiles à un niveau acceptable.

Une distinction pourrait également être faite entre les différentes applications pour lesquelles les gens utilisent l’électricité. Une personne qui chauffe sa maison avec une pompe à chaleur écologique paie le même prix pour l’électricité dont elle a besoin qu’une personne qui chauffe encore directement sa maison à l’électricité. Il serait cependant bien plus logique d’appliquer un autre tarif d’électricité pour quiconque investit dans le chauffage vert.