Dans le transport de marchandises, de plus en plus d'entreprises belges délaissent le diesel ou l'essence au profit du GNL. En termes de puissance et de rayon d'action, les camions qui roulent au gaz naturel liquéfié rivalisent aisément avec l'équipement classique. Le camion au GNL se montre également bien plus écologique. Gyproc, une entité du groupe français Saint-Gobain, leader mondial des matériaux de construction, a lui aussi amorcé ce virage vert. « À tous égards, le recours au GNL est un pas important dans le sens du développement durable » explique Rini Quirijns, CEO de Gyproc. L'entreprise fait aussi appel à la navigation fluviale pour limiter le nombre de camions sur la route. Elle veille par ailleurs à ce que ses chantiers urbains ne perturbent pas le trafic.

Depuis 2018, les camions roulant au GNL, le gaz naturel liquéfié, sont en plein essor. D'après une étude de la CREG, le régulateur du secteur de l'énergie, les véhicules alimentés au gaz naturel sont à la fois plus économiques et écologiques que le diesel ou l'essence. Ils développent une puissance de 400 ch et peuvent parcourir jusqu'à 1.500 km avec un plein. Autrement dit, ils n'ont rien à envier à leurs homologues traditionnels. Les camions au GNL affichent par ailleurs des émissions nettement inférieures aux normes Euro 6 actuelles : 15 % de CO2 en moins, 70 % de NOx en moins et jusqu'à 99 % de particules fines en moins.

Gyproc, numéro un des solutions en plâtre, s'inscrit lui aussi dans cette tendance verte. À cet effet, l'entreprise collabore avec Group-GTS. « Nous nous efforçons d'améliorer la qualité de l'air au bénéfice de tous » explique le CEO Rini Quirijns. C'est la raison pour laquelle nos camions sont passés du diesel au GNL pour nos transports domestiques au départ de Kallo. Nous contribuons de cette manière à la durabilité du transport et à la propreté du port. »

Opportunité commerciale

« Avec notre fleet manager, nous avons soigneusement testé les camions au GNL, déclare Ben Geybels, CEO de Group-GTS. Nos calculs montrent qu'il y a là une vraie opportunité commerciale. À condition cependant que les véhicules parcourent au moins 130.000 kilomètres par an, sur des itinéraires fixes. Les stations de ravitaillement en GNL, en effet, sont encore en nombre relativement limité. »

« De plus en plus de clients appliquent une politique climatique et nous pressent de baisser nos émissions de CO2, ajoute Ben Geybels. En même temps, ils ne sont généralement pas prêts à payer plus cher pour les transports. Mais si nous réalisons les distances requises, le GNL revient moins cher que le diesel, avec un impact environnemental sensiblement réduit. Les performances ne changent pas, les essais l'ont confirmé. »

Chez Gyproc, l'utilisation des camions au GNL donne toute satisfaction. Il en va de même de la collaboration avec Group-GTS. Mais les véhicules au GNL ne sont pas la seule arme pour relever le défi du transport durable. « Nous croyons chez Gyproc que la vie est trop courte pour la passer dans les embouteillages, poursuit le CEO Rini Quirijns. Pour cette raison, nous agissons aussi dans le cadre d'autres tendances vertes. » Le fabricant fait par exemple appel à des péniches pour acheminer matières premières et produits finis.

13 camions de moins

Gyproc a récemment adopté un nouveau type d'embarcation fluviale, la Pallet Shuttle Barges. Sa charge utile atteint 300 tonnes. La barge a été spécialement développée pour transporter efficacement les marchandises sur palettes. Cela va des matériaux de construction aux articles de consommation, en passant par les produits à la pièce, les conteneurs roulants et les remorques. Un seul de ces véhicules permet à Gyproc d'utiliser à chaque trajet 13 camions de moins.

Gyproc fait aussi des choix durables sur le plan du transport interne. Ses chariots élévateurs ne fonctionnent plus au diesel mais au gaz. À terme, l'entreprise prévoit même une transition aux clarks électriques. Enfin, Gyproc prend des mesures intelligentes en ce qui concerne les transports des chantiers. Dans un récent projet en collaboration avec la ville de Gand, les acteurs ont par exemple accepté de ne pas effectuer de transports aux heures de trajets scolaires. Gyproc s'engage par ailleurs à prêter une attention particulière à la sécurité des cyclistes sur les lieux de chargement et de déchargement.