Actuellement, un cadre légal existe déjà pour le prosumer qui est le client résidentiel qui autoconsomme son électricité (photovoltaïque). Pour rappel, la déclaration de politique régionale du 25 juillet 2017 énonce que : « En s’appuyant sur l’expertise du régulateur, le décret et les arrêtés seront modifiés en vue d’établir un cadre de développement approprié des réseaux alternatifs et micro-réseaux, y compris citoyens, sous leurs différentes formes. L’émergence de ces réseaux se réalisera en étant attentif à une contribution équitable de l’ensemble des utilisateurs du réseau public ».

La nouvelle réforme, portée par le projet de décret favorise donc la création de communautés d’énergie renouvelable autorisant l’autoconsommation collective d’électricité, ce qui permet de s’affranchir de la dimension physique du réseau. Ainsi, tout en mobilisant le réseau public, plusieurs entités (personnes physiques ou morales), au sein d’un périmètre, pourront s’entendre pour mutualiser et synchroniser leur production et consommation électrique.

Différentes combinaisons et exemples possibles

Ce nouveau modèle permettra différentes combinaisons :

  • Soit un immeuble résidentiel installe de manière commune des panneaux sur son toit afin de répartir la production avec les habitants de l’immeuble ;
  • Soit un ménage produit plus qu’il n’en a besoin et s’associe avec d’autres ménages qui ne produisent pas afin de mutualiser leurs besoins énergétiques ;
  • Soit une autorité locale (ex.: CPAS) installe des panneaux sur un immeuble de logements sociaux afin de faire bénéficier les locataires d’une énergie verte à moindre coût ;
  • Soit plusieurs entreprises s’associent afin de répartir leur production/consommation sur la journée afin de consommer au maximum lors des pics de production d’énergie et moins le reste du temps.

Et bien d’autres combinaisons sont encore possibles.

Plusieurs universités wallonnes travaillent d’ores et déjà activement sur divers projets expérimentaux.

L’autoconsommation collective d’électricité :

  • Permettra, à terme, de faire des économies dans le développement et le renforcement du réseau de distribution et aura de manière générale un impact positif sur la facture des participants à ces communautés.
  • Permettra une meilleure intégration des énergies renouvelables. En effet, les énergies renouvelables sont des énergies dites intermittentes. La synchronisation de la production et de la consommation à une échelle locale permettra effectivement de mobiliser le réseau dans une moindre mesure, ce qui facilite en fin de compte son intégration à ce dernier.
  • Favorisera également la smartisation du réseau. Posséder un compteur intelligent sera essentiel pour pouvoir participer à une communauté d’énergie renouvelable (meilleur calibrage de la consommation), ce qui permettra in fine d’éveiller la société à une adaptation de son mode de consommation d’électricité et de rebooster la compétitivité énergétique wallonne.